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FAC(S)TORY PARTY – LE TRIPTYQUE – PARIS

Date : 07-11-2006

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Factory Records… un label mythique pour tout amateur de musique électrique qui gratouille.
Le label des Joy Division, Happy Mondays, New Order, A certain Ratio ou Durutti Column. Le label de la cold wave, des années post-punk, un label de passionnés au seul service du son.
L’un des tous premiers labels à avoir intégré pleinement le graphisme dans les pochettes de disques, dans les flyers ou les affiches (Peter Saville, ça vous parle ?).
Le label de Manchester, de « Madchester », propriétaire d’un club légendaire pour tout technophile : l’Haçienda, où Mike Pickering et Dave Haslam lancèrent les toutes premières galettes d’acid house, et qui devint un temple de la musique électronique dès 1987/88.
Un label où jamais un contrat ne fut signé avec les artistes, les laissant libres de produire ce qu’ils voulaient avec qui ils voulaient.
Un label « libre », « free » ? en tout cas un label de fous de musique, de liberté et d’avant-gardisme.

La sortie du bouquin « Factory Records : une anthologie graphique » de M. Robertson, qui compile l’ensemble des créations graphiques du label était l’occasion de monter une petite soirée en l’honneur de ce label mythique de Manchester.

C’est au Triptyque que ça se passait…

L’entrée en matière est assurée par le crew des inrocks, plus des « selectors » que de vrais djs, mais on est pas là pour s’ébaubir devant la technique de mix de truc ou de bidule, on est là pour se rincer les oreilles de vieilleries wock-en-wollesque, de post-punkeries et de vague fraîche.
Arrivés à 20h20, une petite vingtaine de personnes sont là, elles se balladent et regardent les quelques photocopies de pochettes de disques et affiches exposées. On fait un petit tour rapide, écoutant d’une oreille distraite des étrangetés hip-hopeuses qui nous font un peu sourciller… c’est quoi ce son rond et lourd quand on attend du claquant grattant ?
Ah ! enfin le dj annonce la couleur de la soirée avec l’inévitable tube de New Order : Blue Monday.
A partir de là, le son sera 80s sinon fin 70s.
Mais c’est l’heure de l’apéro, on se laisse aller doucement envahir par les effluves de vodka qu’on ne fait pas que sniffer, on s’imprègne gentiment de son et de boisson…
Le public qui commence à affluer est varié, on peut croiser de la jeune punkette à crête rose et épingle à nourrice dans le sourcil, comme du vieux bad cave bien marqué de la gueule, du rocker à banane comme du technoïde à la recherche de ses origines.
C’est bonnard, ce défilé commence déjà à bien me plaire.

« On the rise » ! le live de Frustration, groupe parisien très clairement influencés par Joy Division, commence… et là, c’est physique : sans se dire un mot, on lève nos culs qui commençaient à très sérieusement accrocher les canapés, et direction le dancefloor. C’est blindé, hop hop bim boum on se glisse très subtilement dans la foule pour accéder à la scène.

Arg. Le son est excellent, l’énergie que dégagent les membres de ce groupe est presque palpable. Ce n’est pourtant pas le style à bondir partout sur la scène. leur attitude est plutôt stoïque, voire glaciale, mais ça suinte la bonne vieille rage froide (copyright à Amar por l’expression on ne peut plus adaptée).

1h30-2h à ce tarif, le public est pendu aux lèvres du chanteur que l’on pourrait presque prendre pour Ian Curtis sur certaines des inflexions de sa voix. Puté, faut que je me raccroche la mâchoire qui va commencer à me gêner pour marcher. Bref je suis sur le cul, en plein voyage dans le temps, je mange de l’énergie pure, me prends à gueuler comme un folle hystérique. C’est bon.
Mais faut bien que ça s’arrête, alors ça s’arrête.

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Le temps que Dave Haslam reprenne la main et commence à poser ses galettes, on retourne s’abreuver un coup, tout déshydraté qu’on est.
L’homme de Manchester, ex-dj de l’Haçienda qui a commis quelques bouquins sur l’histoire de la musique à Manchester, sur l’histoire de la techno etc, va se faire plaisir pendant 2 ou 3 heures. Il balance donc ses disques, plus sur le mode de la sélection que du vrai mélange, et ça envoie du Joy Division, du Clash, du Happy Mondays, il glisse aussi quelques classiques technoïdes et case un ptit Daft Punk… la sélection est plutôt bonne, mais j’avoue être assez déçu, j’espérais très clairement un truc plus construit, qu’il nous conte une histoire qui serait partie du punk pour nous amener à notre bonne vieille techno. C’est pas le cas, on va pas bouder pour autant.

La soirée se termine vaille que vaille. Il est temps de rentrer, la journée sera dure demain : retour au 21ème siècle…

Report + Photos : Kebes

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Quelques liens :
Frustration : http://www.bornbadrecords.net/artists/frustration/
Dave Haslam : http://www.davehaslam.com/
L’histoire du label : http://en.wikipedia.org/wiki/Factory_Records

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