Blog

PURE UNDERGRONDE – HERETIKS SOUS BERCY

Date : 27-11-1999


L’HÉRÉSIE DANS LES MURS

flyer

La joyeuse bande des Hérétiks a réalisé un coup d’éclat le 27 novembre en organisant une illegal-party intra-muros, ce qui ne s’était pas fait depuis un paquet de temps et qui demandait un réel investissement de la part des organisateurs, rapport aux risques pris pour la mise en place d’un tel rassemblement. On s’était même plutôt ramolli ces derniers temps, en allant dans les soirées proposées par Kraft dans différents clubs, ou en se tapant 150bornes pour écouter un son (sans rien en connaître quelques fois, en espérant avoir une bonne surprise).

tunnel

Bref, pour l’occaz, les Hérétiks ont donc fait péter en plein 13ème, à 500m d’une station de métro, dans un tunnel désaffecté de la petite ceinture, dépotoir à amiante de la ville de Paris. L’endroit comportait les vestiges recyclables de squats passés, des fauteuils et divans moelleux éparpillés le long des rails ou sous des voûtes le long du tunnel. La teuf se déroulait dans un souterrain géant tout en longueur parallèle au tunnel, hors des rails, et des petites arcades s’étalaient en galeries des deux côtés. Endroit mort, inexploité, laissé pour compte de l’activité industrielle parisienne de la fin du siècle dernier, mais bien récupéré depuis et portant la trace des différents passages de graffeurs ou taggeurs plus ou moins bien inspirés. Endroit fermé, mais pas surveillé, y’avait donc plus qu’à s’donner la peine d’entrer en chatouillant la serrure et en sachant rester discret. La préparation s’est donc faite en effectif réduit, contrôlée et presque calculée pour mobiliser le moins de gens possible, le plus efficacement possible, dans le seul but d’être discret et de pas faire avorter la teuf. Les inévitables (?) couilles de dernière heure en ce qui concerne le montage du son ont retardées un peu le commencement d’la teuf. (Mais faut relativiser quand-même côté ronchons, les teufs commencent rarement avant une ou 2 heures du mat’).

install

L’équipe parisienne de Tekno+ était là aussi, faisant partie intégrante de l’organisation de la teuf, pour constituer un appui légal face à d’éventuelles répressions armées de la part des représentants des doctrines établies….et aussi pour apporter sa sympathique contribution, en installant un chill-out décoré, un point-doc, un labo d’analyse et une infirmerie. L’organisation Médecin du Monde était invitée aussi et avait installé un bar de secours avec distribution d’eau. Quelques camarades bretons étaient venus en renfort pour faire des ballons à la mode de chez eux, parmi les plus gros jamais vus en teuf.

ballon

peintre

Des représentants du squat Matignon étaient là aussi, venus à l’improviste avec des pots de peinture pour peindre une voûte pendant la soirée, les autres, qui n’ont pas tenus leur parole et n’ont rien amené l’ont bien regretté (faut être mécène d’entreprise pour qu’ils se déplacent ou quoi ?). Ça sera pour la prochaine fois, on l’espère. Quelques diapos ont été projetées vers le plafond vouté mais là aussi malgré les promesses une seule personne s’était déplacée pour assurer toute la soirée… Et puis pour ceux qui voulaient s’en sortir propret, y’avait aussi un beau stand de t-shirt pour renouveler les piles de t-shirts pourris aux logos effacés !

On a remarqué aussi un public bien hétéroclite, ou les initiés n’étaient pas les seuls à kiffer, cette teuf dans Paris a permis à plein de gens de découvrir les free-party, plein de p’tits jeunes du quartier ou de la proche banlieue par exemple, ceux que d’autres qualifient de « racailles » et qui se sont pas gêné pour jumper devant les enceintes. Le sound-system en lui même était tout à fait satisfaisant, de bonne qualité et bien posé, certaines enceintes étant suspendues en hauteur, plus au dessus des danseurs. Mais évidemment y’avait tellement de gens que tout le monde n’a pas pu profiter à donf du son, vu que la salle était tout en longueur et que le son posé dans sa largeur avait une puissance d’une 15aine de kilos (mais on peut comprendre facilement que sonoriser une telle salle qui peut contenir à l’aise 5000 personnes, c’est assez chaud, et ça se résume à une question de thunes).

foule

Le line-up était séduisant, Signal Electrique en live en ouverture pour se mettre en jambe sur du hard-break-beat, en attendant les kicks ravageurs…du mix de Lobotomix pour poursuivre . Fabinout s’est ensuite installé un p’tit moment aux platines pour faire une transition plus hard-tek acid. Après ce mix d’une petite heure, Hérétik a fait une entorse à ses choix habituels en accueillant Simon (Crystal Distorsion), venu symboliquement à l’improviste apporter son soutien à cette teuf en jouant avec Samit (Noise Builder) une hard-tek étrange, mi-fluff mi-électro-mentale, mais toujours de qualité, qui a eu l’avantage de faire danser tout le monde, toutes tendances (musicales) confondues. C’est après que les choses sérieuses ont commencées, avec le live hard-tek hard-core de Beun’s, vraiment trippant musicalement, agrémenté de samples originaux. Core-tex a enchaîné avec un bon live hard-core efficace, un peu moins senti quand-même que celui de la semaine précédente (cf. report B.U.Z). En matinée les djs ont pris le relais, avec notamment Raymond du label ZeroZero, qui malgré la courte durée de son mix m’a réconciliée avec la hard-tek, en mixant des trucs lourds, assez froids, à un rythme plutôt soft qui mettait bien en valeur l’ambiance de violence retenue des morceaux. Perso j’suis partie juste après, un peu après le début du mix de Gil (no comment).

hrtxsimon

Niveau programmation donc, les Hérétiks ont assuré, en laissant défiler en priorité les lives et en faisant appel à des djs confirmés extérieurs au sound-system (Lobotomix et Raymond) pour assumer un rôle pas évident, celui de mixer entre les lives quand c’était nécessaire sans «s’imposer» aux platines. Et malgré les critiques débiles qui circulent sur cette teuf (ouais ouais, y’aura toujours des aigris d’la vie), on peut au moins flatter les Hérétiks d’avoir su organiser une teuf sans la motivation égoïste de se mettre eux-seuls aux platines, on ne peut aussi qu’encourager l’aspect participatif de cette teuf, ou les représentants d’autres associations étaient conviés. Bref, paraît qu’y’a rien à glander sur Paris pour la grande chierie de l’an 2000, alors pourquoi pas remettre ça ?…

djhrtx

djhrtx2

Report : Olga
Photos : Olga et defflo

Comments are closed.

Post Navigation