Blog

TEKNIVAL HOLLANDE

Date : 18-08-2000

flyer

https://youtube.com/watch?v=xnquNq27x4o%26hl%3Dfr

Simultanément au « grotéknivaldusud », une petite poignée de sons s’est réunie quelques jours dans le nord de la Hole-Land, à Groningen.

eolnuit

Sur le site régnait une ambiance fantasmatique très SF, plongée dans un univers postindustriel structuré, rectiligne et plat, au bord de la Mer du Nord.

eolred

Le terrain (légèrement marécageux) ou était installé le teknival est situé à la lisière d’un port industriel, et délimité par un talus très géométrique, à base goudronnée, surmonté d’éoliennes gigantesques en perpétuel mouvement.

skyeol

Derrière le talus c’était l’horizon, la mer, la plage vaseuse (il faut bien le dire), des cargos, des mouettes, du vent…des bouteilles en plastique et des merdes de moutons (sans les moutons), et de très beaux couchers de soleil, très roses.

algues

L’impression d’être sur un vaisseau-planète, un paysage très naturel et très industriel en même temps.

L’ambiance entre les participants était très détendue, pas trop de monde, environ 1500 personnes, à peu près autant de tribus que de teuffeurs, pas d’embrouille, ni d’embouteillage, ni de keufs (mis à part une visite de politesse de deux uniformes) sur toute la durée du festival.

usine

Sur la petite quinzaine de sons présents, deux avaient sérieusement pris en main l’organisation des nuits : Mononom/Acid Anonymous d’un côté, et Desert Storm de l’autre, avaient chacun élaboré des gros dancefloor accueillants et décorés de tentures ou d’installations.

aa

Au son Desert Storm, la nuit, on ne voyait du DJ que l’ombre gigantesque de ses mains projetée sur un camion situé derrière lui, une très belle amplification de mouvement (sans spots en forme d’étoiles) qui donnait un sens visuel à la musique, et qui reliait par le mouvement le DJ à tous les danseurs, en valorisant l’aspect créatif (plutôt que le côté animateur) du DJ, qui en l’occurrence était complètement caché. Bref, un truc de rien du tout qui fournissait une illustration essentielle de l’environnement sonore.

dsss

A part ça, des camions encerclant le dance-floor, des enceintes disposées non pas pour isoler un back-stage, mais de façon à ce que personne ne zone derrière (y compris des gens du son), un bar-salon qui faisait un peu tribune officielle de chépers (en drôle) avec vue imprenable sur « la piste », des bijoux-métal, et un tipi au milieu : un vrai camp, plus qu’un dancefloor, dégageant une ambiance de clan tellement forte (et sereine ?) qu’on croit déranger si on est en phase parano… DJ perché-caché et lives face au son, dans la foule.

lighteol

Musicalement le son le plus attractif était celui des Mononoms : tous les DJs et lives du teknival ont pu y jouer, LA teuf c’était chez eux, la cantine aussi, les rampes en métal chromé qui en jettent et les boules discos aussi, les « chouettes tentures » aussi, et probablement également la plus grande diversité au niveau de la musique…. , avec tous les styles de tekno, et des mixs et lives de toute l’Europe (dont les frenchies de chez OG Records).

aadancer

Entre ces deux points chauds, plusieurs petits sons hollandais, allemands, ou autrichiens, et un seul son français réunissant TTC et Carbone 14, diffusant de la tek, de la Drum’n’bass et du Hardcore avec Sir Hill.

ttchc

Ici les différences musicales des sons n’étaient pas l’objet de discriminations et le seul son trance s’était donc vraiment lâché au niveau des décos fluos et gentils smiles acidulés.

tenteol

Juste en face, un son autrichien avait assez bien adapté l’esthétique para-militaire-hard-core, avec du kaki, des têtes de morts, et beaucoup d’installations visuelles : des projs au dessus des enceintes et, dans la grande tente montée en face, des colonnes-totem de télés conformément identiques diffusant des séries z russes, des symboles assez ironique en bonne adéquation avec le Hard-Core. C’est là qu’on pouvait entendre de la « grande » musique, à la Beethoven, l’après-midi.

aut

Un son hollandais est devenu en 3 jours l’aire de jeu favorite des psyché-tripuss, proposant un « teknoshow » labyrinthique et chaotique au milieu du dancefloor, délimité par des pics en bois et des feuilles d’alu…., entouré aussi de tentures assez babas. Hard-tek en soirée ou « Mickey chez Casimir » dans l’aprem.

teknoshow

Chez d’autres on pouvait entendre en après-midi du reaggae, du rock, ou du folklore irlandais.
Diamond system et Monoton, des allemands, s’étaient associés et avaient monté un dôme ou on pouvait écouter du hard-core-gabber non-stop.

demidome

La différence notable avec un tekos français, c’était donc l’équilibre entre le nombre des « organisateurs » et celui des « participants », et le nombre très raisonnable de « baraques à frites », remplacées ici par des coffee-shop colorés ou on pouvait aussi acheter des friandises, ou des trucs végétariens ou bio-énergétiques (ou bio-soporifique ?).

fritz

Autre différence, aucune association ne prenait à sa charge les trucs relou, et pourtant après quatre jours, l’endroit ayant été régulièrement cleané, les détritus étaient rassemblés, personne n’était mort, et il ne manquait pas d’eau…. L’attitude ultra-responsable qui dominait ce tekos était peut-être dûe au fait que la plupart des sound-systems présents n’étaient pas seulement des groupements de potes qui louent du son le week-end pour participer à des tekos : beaucoup d’entre eux venaient de squatts localisés surtout aux environs d’Utrecht. Pour ceux-là le tekos n’est donc pas l’occasion d’une « parade », ce n’est pas non plus un « événementiel », il accompagne un mode de vie.

tournesol

Ainsi, même si ce teknival souffrait d’un petit manque d’originalité au niveau de la zik, l’état d’esprit qui y régnait suffisait à combler ce manque. Le lieu choisi était « désaffecté », il ne s’agissait pas de terres de pâturage ou d’agriculture, mais bien d’un no-man’s-land industriel, ou des bidons poursuivaient leur lente désintégration. Le squattage de ce lieu n’a donc causé de gêne à personne, ce teknival était réellement autonome et respectueux, donc respectable.

Report : Olga
Photos : Defflo + Olga

babyteuf

bitume

bobtripos

cheper

dancer1

djtenture

dprav

dscamtar

dsdancer

duvetoran

eol1

eol2

eolfeu

frcamtar

fumigene

god

god1

graff

lights1

live

miroir

no8

peaceman

peintre

poirier

raide

robo

sunfall

teknoshow2

tekosnight

tenture1

tenturteuffeur

 

Comments are closed.

Post Navigation