Blog

UFO – INTERVENTION POLICIERE VIOLENTE

Date : 05-02-2000

Les cops ont encore frappé !! La B.A.C. casse du teuffeur !
NOTRE CRIME : FAIRE LA FÊTE
Les représentants de l’ordre sont venus foutre leur bordel lors d’une fête organisée en banlieue parisienne le week-end du 5 février 2000.

Les cops, c’est la pire des racailles !

Ils avaient, si on en croit les témoignages, bien orchestré leur intervention : ils se sont d’abord introduit aux alentours de la teuf pour rendre inutilisables les voitures (brisant les vitres et crevant les pneus) ainsi que les issues (blocage des chemins). Ils ont dégradé les camions qui sont pour certains des lieux d’habitation, et se sont attaqué à TechnoPlus (asso. loi 1901), venu là pour assurer son habituel travail de prévention et de dialogue autour des drogues.

Defcore n’était pas sur place mais fourni ici une petite revue de presse des articles des sites tek qui en ont parlé. Il est très important de réagir. Si vous étiez sur place n’hésitez pas à nous envoyer vos photos pour alimenter la revue de presse et transmettez-les aussi à Technoplus, qui tente de réunir toutes les informations concernant cette bavure, afin d’y donner suite juridiquement en faveur des organisateurs et du public.

Si vous vous sentez concerné par ce genre d’évènements inadmissibles (la démocratie n’est plus qu’un moule dans lequel on est obligé de se fondre…marche ou crève… et si tu crèves pas tout seul on va t’aider parce que t’es gênant!!) écrivez-moi en privé pour qu’on voit ce qu’on peut faire ensemble.

Olga

TEMOIGNAGES

Putain ! Pourquoi n’avais-je pas mon appareil photo sur moi, juste ce jour-là ? Et que dois-je retenir et retranscrire de cette fête ? Les aspects positifs, un rapport sur son début… Oui ! Gardons au moins ça pour contrebalancer l’incompréhension, le dégoût et la haine de tous les ravers qui y ont participé à l’égard des forces de l’ordre, des préfets et autre ministère de l’intérieur, et j’en passe, et des pires !

LE PETIT PEU DE « VRAI » TEUF

Commençant très tard (3h20 du matin), malgré l’arrivée massive de people depuis plus d’une heure, sur un son mal réglé pendant une demi-heure, mais qui a repris du poil de la bête pour étendre ses fréquences et sa portée dans le hangar, les DJs ont mixé délibérément breakbeat et breakcore après un très court passage down tempo, faisant fi de nombreuses protestations émanant du dance-floor. Toutefois, cette position était intelligemment tenue. En effet, le public pouvait se délecter parfois sur un court passage de kickdrum régulier, qui remplissait le hangar de cris de joie, mais qui était toujours relancé en breakbeat. Ainsi, une tension positive, une attente joyeuse était maintenue. Je trouve ça bien, il est bon aussi qu’un sound-system sache exprimer son envie, au moment où il la ressent, sans céder à quelques clameurs réprobatrices. Pendant ce temps, on savait que des flics bouchaient toutes les issues, les teuffeurs arrivaient à pied. Une surprise pour l’habitué des teufs du sud que je suis : ici, les gens se bousculent beaucoup moins, plus de respect d’autrui, prenons-en de la graîne ! Pour revenir à la musique, je ne doute pas que la hard-techno si attendue serait finalement arrivée à ceux qui auraient su l’attendre si…

JEU DE MASSACRE A LA TEUF

…Si soudainement, vers 8h00 du cauchemar, des grenades lacrymogène n’avaient pas explosé dans le hangar, précédant une charge de cavalerie de C.R.S., toutes matraques sorties, poussant stupidement (et consciemment, n’en doutons pas !) le public, cédant évidemment à la panique, vers le son, seul endroit du hangar où l’on ne trouvait pas de sortie plus grande qu’une petite fenêtre ! Arrêt presque instantanné de la musique, écroulades, piétinements, cris de panique, et réflexe de survie : on arrache les tôles du mur extérieur et on sort tant bien que mal. Je n’ai eu que très peu de temps pour me retourner, mais je vois que les forces de la violence ont massacré la porte arrière du camion de Techno Plus et jeté une grenade à l’intérieur… Dehors, on se remet à courir. Mais très vite, un groupe important de teuffeurs se réunit, couvrant puis freinant la fuite des autres. Alors que la brume matinale commence à se fondre avec les nappes successives de gaz lacrymo, le paysage sonore se voit recouvert de centaines de « Enculés, enculééés ! » à l’adresse des pantins ridicules manipulés et configurés à jouer à la guéguerre, leur passe-temps favori. Le temps, certains le passent, alors que d’autres tentent de le vivre..

BATAILLE RANGEE

Puis ces malheureux (mais fiers de l’être) suppôts de l’état répressif (sans majuscule, n’en déplaise à l’académie francaise) se retrouvent bombardés de pierres volant de toutes parts, pierres mises à disposition par un autre service public (concurrent ?) : la S.N.C.F. et son chemin de fer voisin. Plusieurs charges sont repoussées, qui pourtant se préparaient à grand renfort de lancers de grenades, mais aussi de tirs, et pis encore, de TIRS TENDUS de ces mêmes engins dissipateurs de trouble et diffuseurs d’angoisse, presque à bout portant sur les teufeurs désormais orphelins de musique, mais remplis d’un sentiment habituellement inconnu pendant la teuf : la rage.

« Y EN A MARRE ! CETTE FOIS, ON NE VA PAS SE LAISSER FAIRE ! »

Les C.R.S. sont même écartés du hangar. Ils répondent à leur frustration en fracassant délibérément toutes les voitures garées qui se trouvent sur leur passage. La violence appelle la violence, et tout le monde garde en soi un fond de loi du Talion. Mais la première violence était gratuite, fulgurante par sa surprise, qui ici selon moi rime avec lâcheté : veulerie d’un refus de discussion qui leur aurait prouvé qu’ils étaient dans le tort et charge impromptue jouée « fortissimo debilo » qui aurait pu causer de très grands dommages physiques dans la bousculade qu’elle a générée. Ne vous inquiétez pas, ils sont là pour notre sécurité ! Les scènes qui se sont succédées alors suivent un scénario malheureusement rôdé : des teufeurs tabassés, traînés dans chaque nouvelle retraite des monstres casqués comme un butin de guerre, fétus de chair qu’ils pourront modeler à leur sauce dans leur tannière sur roue à l’arrière du front, prisons nomades que les travellers ne leur envieront jamais. Un photographe s’est rapproché en courant. Je ne l’ai hélas pas revu. L’ont-ils pris ?

POINT DE VUE

Je suis un non-violent. J’avoue sans peine n’avoir participé à aucun jet de pierre, ni même lancé aucune insulte, même si elles s’accumulaient dans ma gorge nouée de dégoût. J’ouvre le débat en donnant mon opinion, simplement la facon, discutable, dont je vois la chose : répondre par la violence à ces générateurs ambulants de violence, c’est d’une part jouer leur jeu de guerriers des steppes chevaleresques à 2 Francs, c’est aussi leur donner l’occasion d’en user plus encore (la preuve…), et cette fois-ci de manière apparemment moins gratuite pour l’opinion publique, et c’est enfin risquer plus encore de répression aveugle pour les bouc-émissaires capturés par les robots guerriers habillés en Actarus, mais aussi malheureusement pour toutes les teufs futures. Mais j’avoue aussi tout aussitôt que le bruit des pierres et des tessons de bouteilles contre les boucliers et les casques de nos hopplites des temps modernes, mais aussi contre leur chair moustachue m’a fait jubiler fortement sur le moment. On a tous du Talion en soi, je le disais.

DEFAITE ANNONCEE

Finalement, le C.R.S. s’est ressaisi et a avancé plus loin et plus loin encore, poussant vers la gare les résistants, les contemplateurs et les fuyards, tous unis par la torture répressive qu’ils subissaient (mais répression contre quoi ?). Cette gare, dernier bastion de résistance, disparaissant à son tour sous la fumée des lacrymo, a vu ses installations sabotées avant la dernière retraite. Je n’admets pas non plus que l’on casse vitres et cabine téléphonique avant de quitter les lieux, mais je le comprends, ô oui, je le comprends… Et puis en temps de guerre, une retraite se doit de laisser une place inexploitable par l’ennemi conquérant, et nous étions en guerre, en tous les cas, c’est ce que j’ai cru comprendre.

CE QUE JE SAIS DE PLUS

Un membre des UFO au moins, resté pour ranger le matériel, est mis en garde à vue. Les membres de Techno Plus, restés sur place pour discuter à la fin de l’événement tragique, alors que quelques paroles échangées avant toute aggression auraient permis tellement moins de sang (car du sang, il y en a eu), sont invités à se rendre immédiatement au commissariat le plus proche. On me rapporte que quelques coups ont été portés à la sono de location (indication non vérifiée). Et puis aussi juste une injure que j’ai relevée de la bouche de certains de nos vaillants gardiens de l’ordre moral sacré de la patrie (poil au…), en réponse aux « fachos ! » qui leur étaient adressés : « sales arabes ! » Une confirmation, sommes toutes.

POUR L’HONNEUR DE LA PATRIE

Je vomis plus que je ne déplore cet événement monstrueux, sans fondement, cette violence volontairement amorcée sans aucun préliminaire (et je ne parle surtout pas de sexe, c’est sale !). Chaque jour, si l’on y prend garde, on nous apprend la haine, dans un pays qui repose sur les magnifiques et dégoulinants « liberté, égalité, fraternité » (et je ne mets toujours pas de majuscules, car ici, ce ne sont pas mes mots). Cette belle devise s’évaporait dans les différentes couches de nappage lacrymogène ornant le gâteau de la bétise, et ces fumées de la haine nous brûlaient la gorge et les yeux comme ces mots écorchent la gueule des abrutis qui sont censés les mettre en pratique. CHarité, CHaleur, CHoix de vie, CHance, CHangement… Autant de valeurs inconnues par celui dont le nom commence par un CHE vainement. Je suis pour la RESISTANCE coûte que coûte, même si elle peut prendre différents chemins dont tous ne me convainquent pas.

HAPPY END

Plus loin dans le temps, les teufeurs déconfits se sont vus encerclés par des gendarmes et des policiers dans toutes les gares les plus proches, dont ils espéraient qu’elles seraient une porte désespérée vers un chez-soi bien peu consolant. Acharnement thérapeutique ? Il faut bien soigner la jeunesse de sa gangrène, non ? Le contrôleur (qui ne demande son billet qu’à moi, dans un compartiment où je suis bien sûr le seul « jeune ») nous annonce que le train roule au pas car des jeunes voyous ont saboté des installations de sécurité sur la voie… Ah lala ! De mon temps, on les aurait corrigés sévèrement ! Dimanche soir, sur France Info, on annonce qu’une « rave a mal tourné ». 11 interpellations, 4 membres des forces de l’ordre blessés, 2 « jeunes » blessés (ouais… Parmi ceux qu’ils ont pu arrêter…). Les 2 bords se renvoient la faute : la police annonce qu’ils « étaient venus discuter et qu’ils se sont fait accueillir avec des pierres » (les pauvres !), et les teufeurs parlent d’agression. L’opinion publique choisira, de toute facon, France Info n’en parlait déjà plus lundi matin… A nous d’en parler, maintenant ! Activism (bientôt un lien chez Kanyar)

AGISSEZ
De violents affrontements entre les teufeurs et les policiers se sont déroules vers 8 heures du matin près de Nemours. En temps que témoin a l’intérieur du hangar, alors que la fête battait son plein et que beaucoup de monde etait encore présent, j’ai vu quelques teufeurs se mettre a courir vers le chill-out en hurlant « ils attaquent !!! » et une dizaine de secondes après, des explosions de grenades et des hurlements ont fait place a la musique. Je n’avais pas vu un seul policier de la soirée, et ne m’attendais pas du tout a ce qui allait suivre. Le hangar s’est vide des teufeurs et une dizaine de policiers équipes anti-émeute ont pris position, matraquant a grands coups sur les cranes de ceux qui tentaient de s’enfuir, frappaient également le matériel du sound-system et le camion de Technoplus. Ils ont tire des grenades lacrymogènes dans tous les sens, et des flash ball (j’ai ramasse des douilles). Les policiers étaient dans un état d’excitation tel qu’ils ne s’entendaient pas entre eux et continuaient a tirer de la lacrymo alors qu’ils s’étouffaient eux-mêmes. Ils ont explose les vitres arrière du camion de technoplus pour faire sortir celui qui était dedans (et qui ne pouvait évidemment pas sortir puisqu’ils frappaient de toutes leur forces). Ils ont méthodiquement detruit tout ce qui pouvait l’etre (matos du sound-system et stand de t-shirt). Pendant ce temps, les teufeurs ont replique en balancant des caillasses et tout ce qu’ils trouvaient sur les policiers anti-émeute, les obligeant à se replier.

J’ai vu de mes yeux des policiers briser les vitres de plusieurs voitures, et des rumeurs concordantes font état de très nombreux pneus de voiture crevés pendant la nuit. Un tracteur a dresse sur ordre de la police un mur destine a bloquer les issues pour les voitures.

Plusieurs personnes ont été blessées et traumatisées, des dizaines de voitures endommagées. La teuf a bascule dans le cauchemar et la guerre civile en dix minutes. plusieurs personnes ont également été interpellées et mises en examen.

Il est très important de témoigner sur tout de ce qui s’est passe, en particulier ceux qui ont été blessés et qui ont eu leur voiture détruite. Le commissaire a prétendu avoir tente de négocier avant l’attaque, et n’avoir pu parce qu’on lui a envoyé des cannettes de bière. Ceux qui ont été témoins de la 1ere « prise de contact » doivent absolument en faire part, et décrire précisemment de quelle manière les policiers ont pris contact : ce qu’ils disaient, leur nombre, l’heure a laquelle ils sont venus, le lieux (hangar ou a l’extérieur) et s’ils étaient déjà en tenue de combat.

Quelques conseils en cas d’attaque : tout d’abord n’agressez pas ceux qui viennent négocier, restez calme et groupes sinon les policiers frappent et embarquent les isoles (les plus faibles et ceux qui courent le moins vite). Ne saccagez pas par dépit : tout retombe sur la tête des interpelles et des organisateurs.

PRENEZ DES PHOTOS OU FILMEZ LES EXACTIONS DE LA POLICE, TEMOIGNEZ DE CE QUI S’EST PASSE !
Photos diffusées massivement sur le network : Freetekno, TTC… Merci de continuer à les diffuser encore aujourd’hui !
 

Comments are closed.

Post Navigation